Qui sommes-nous ?

La section romande est affiliée au club officiel suisse du dogue allemand et il en va de même pour la SKG /SCS.

Notre section a aussi pour ambition de réunir tous les passionnés du dogue allemand qu'ils soient propriétaires, éleveurs, ou tout simplement amis afin de passer ensemble des heures agréables et d'échanger des idées ou des anecdotes.

La section essaie d'atteindre ce but en :

. s'investissant pour l'amélioration de cette noble race suivant le standard officiel avec, comme priorités, la santé et la longévité. Ce qui veut dire lutter contre les tares génétiques de la race en se préoccupant également de la beauté et du caractère.

· créant des contacts entre passionnés, éleveurs et amoureux de cette race.

· donnant des conseils concernant l'achat, l'éducation d'un chiot ou d'un dogue adulte afin de contribuer à la réputation de cette noble race.

Le but de la section est très clair : des propriétaires bien informés et responsables et des chiens bien dans leur tête et dans leur corps.

Le dogue allemand

Cet apollon de la gent canine ne passe pas inaperçu par sa haute stature et son allure empreinte de noblesse qui l'ont fait qualifier de "gentleman" par les Anglais.

Ses origines remontent au dogue du Tibet et il est la synthèse de plusieurs molossoïdes, que ce soit l'Alan du Moyen Âge importé en Europe par les envahisseurs Allains ou les grands chiens de combat de la Rome Antique. Pour lui donner sa silhouette élégante, il fut croisé avec le lévrier d'où son encolure dégagée, ses grandes pattes et son ventre bien relevé. Il a gardé pendant longtemps le nom impropre de "Grand Danois", même encore à l'heure actuelle auprès du grand public et dans certains standards étrangers, une appellation qu'il doit en fait à la couleur de sa robe "danoisée".

D'abord utilisé comme chien de chasse à courre derrière le grand gibier, il est devenu chien de boucher et chien de garde avant de se transformer en un majestueux animal de compagnie au caractère très équilibré. C'est vers 1880 que les caractéristiques de la race seront reconnues et fixées, mais il porte encore différents noms selon la couleur de sa robe: dogue d'Ulm, dogue du Wurtemberg, dogue de Stuttgart ...

La dénomination de dogue allemand "Deutsche Dogge" n'intervient qu'en 1880, lors de l'exposition de Berlin. Avec sa taille de 80 cm environ au garrot et sa masse musculaire, le dogue allemand ne peut pas être le chien de tout le monde, non pas qu'il soit difficile à éduquer mais plutôt parce que son encombrement nécessite d'avoir beaucoup de place, que ce soit pour le transporter ou pour qu'il s'ébatte dans le jardin.

La race est présente en France depuis 1923 avec la création du "Doggen Club" de France. Elle a connu une grande expansion dans les années 70. De nos jours, elle reste encore fort appréciée des amateurs et se situe autour de la 20ème place parmi les races plébiscitées par les Français. Monstre sanguinaire dans "Le chien des Baskerville" auprès de Sherlock Holmes, au copain sympa et futé pas très courageux dans le dessin animé "Scoubidou", le dogue allemand reste une race peu connue qu'il est important de décrire telle qu'elle est, et non telle que certains la voient ...

Ce chien impressionnant n'est pas le plus grand (l'Irish Wolfhound l'est davantage), il n'est pas le plus lourd (le mastiff ou le Saint-Bernard ont plus de poids), mais il est sans doute le seul qui peut allier la puissance et l'élégance à l'harmonie des lignes.

Pour les puristes, il représente le type du fameux Alan du Moyen Âge, conservé jusqu'à nos jours, un animal de légende qui se distingue des autres races canines et qui demande à être mieux connu.

Dogue AllemandOrigines
Apparu sur terre il y a 2 millions d'années, le loup, selon la zone géographique où il se développe sera de petite taille ou très puissant, selon la loi de Bergman qui veut que les individus subissent l'influence du milieu.
Le loup des plaines ou des forêts est petit mais celui qui vit en montagne est très puissant. En Eurasie, on trouve au Tibet le canis lupus laniger (Hogson 1847) et le canis lupus niger (Sdater 1874), en Mandchourie et en Mongolie le canis lupus DorogostaiskIl (Skalon 1936).

Le loup laineux donnera le dogue du Tibet que l'on considère comme l'ancêtre des molosses et qui vit sur les hauts plateaux à une altitude moyenne de 4000 à 5000 m, à côté d'autres animaux à fourrure épaisse comme les yacks ou les moutons. Des auteurs décriront ces "mâtins" : "Il y a même quelques-uns de ces derniers dont la taille et le poil sont tellement conformes à ceux du loup qu'on s'y tromperait dans les bois à quelque distance".

Ces colosses rustiques et à demi sauvages vont se répandre peu à peu dans le monde entier, que ce soit tout près de là, comme la Mandchourie, le Kazakhstan, l'Inde, la Chine où le roi Fo-Hi en parle déjà en 3468 avant notre ère.

Cela va donner les chiens des Allains, cette peuplade barbare de l'Europe septentrionale et du nord-ouest de l'Asie, qui les utiliseront pour combattre les Huns et pour envahir la Gaule, l'Espagne et l'empire romain.

L'autre direction que prendront les descendants du dogue du Tibet sera l'Assyrie et, du temps de Nabuchodonosor, on représente ces chiens sur les bas-reliefs. Les Hyksos qui vont envahir l'Egypte sont aidés par leurs terribles compagnons à quatre pattes, qu'un auteur décrira ainsi : "Ils attaquent les taureaux, s'élancent sur les sangliers impétueux et leur donnent le trépas. Pleins de confiance en leurs propres forces, ils ne redoutent pas même les lions, leurs souverains ...".

Les Egyptiens l'adoptent et le représentent sur des tombeaux ou sous forme de jouets datant de la 18ème dynastie. On voit des chiens à l'apparence de dogue mais plutôt allégés, à mi-chemin avec le lévrier.

La prochaine étape de notre dogue sera tout naturellement la Grèce et l'Italie où on va le nommer le molosse d'Epire ou Epeirote. Selon Nemesien et Martial, "Le chien de Molossie" (autre nom de l'Epire) est un dogue au corps massif et imposant,s le poil lisse, une grosse tête au nez écrasé avec un stop (cassure du nez) marqué, les oreilles semi-dressées, un poitrail large, des pattes puissantes".

Il est utilisé pour la chasse et pour la guerre par Pyrrhus, roi des Perses, par Alexandre le Grand, par les Lydiens, par Marc Aurèle... On le retrouve dans tous les pays d'Europe au Moyen Âge, où souvent, il s'agit d'un véritable mélange de très gros chiens ayant pour origine ceux des envahisseurs comme les Allains venus d'Asie ou les Romains.

Les Gaulois ou les Goths ont des chiens courants spécialisés dans la chasse au lièvre que l'on nomme Vertragus (pieds rapides), lorsqu'il est uni à d'autres races il devient le mastin ou mastinel. Dès le 12ème siècle, on utilise le terme d'Alan sans doute donné du nom des envahisseurs qui l'amenèrent avec eux. Il existe plusieurs orthographes, on peut écrire : Alan, Allan, Allain, Allant. Phoebus écrit aussi : "un Alan tient plus fort sa morsure que ne feraient trois lévriers", alors que Chaveer (1340-1400) dira : "Autour de son char venaient de blancs Allains au nombre de vingt et plus, de la taille de jeunes bœufs pour chasser le lion ou pour courir le daim".

Dogue AllemandGaston Phoebus dans son "Livre de la chasse" qui date de 1387, fait la distinction entre plusieurs types d'Alans : "Ils ont quelque peu l'allure d'un vilain lévrier, mais avec une grosse tête, de grosses lèvres et de grandes oreilles".

Pour lui, il y a : - l'Alan noble, qui ressemble le plus à un lévrier avec une tête plus grosse et des oreilles droites;
- l'Alan vautre, plus lourd avec une grosse tête et de grandes oreilles pendantes, qui chasse le sanglier ou l'ours;
- l'Alan de boucherie, puissant, les oreilles coupées, porteur d'un collier à clous vers l'extérieur : "Vous pouvez les voir tous les jours dans les villes, car les bouchers les utilisent pour se faire aider à y conduire le bétail acheté à la campagne ... Ils ne nécessitent pas beaucoup de dépenses, car ils se nourrissent avec les déchets de boucherie. Ils gardent la maison de leurs maîtres ... mais ce sont des animaux méchants avec une vilaine stature";
- l'Alan noble est également appelé Alan gentil, ce qui signifie de race, alors que le mâtin est un mélange de plusieurs races (mâtiner). On lui permet de rentrer dans le château et de se mêler à la vie de ses maîtres, son esthétique est appréciée : "la stature doit être exactement semblable à celle d'un lévrier dans tous les domaines, à l'exception de la tête, qui doit être grosse et courte. Bien qu'il y en ait de tout pelage, le meilleur et le plus courant est le blanc avec quelques taches noires près de l'oreille. Les yeux doivent être très petits, les narines blanches, les oreilles droites et pointues, aussi pour ce faire on les lui coupe ...".

Est-ce déjà le portrait de notre dogue allemand ? En 1342, Alfonso XI décrira dans son livre de chasse un molosse espagnol proche du mastiff. En 1644 seront différenciés trois types de molosses : le dogo, le mastin, l'alano, des chiens qui, souvent sous l'appellation de dogue de Cuba, s'illustrent de façon sinistre en aidant aux massacres des Indiens lors de la conquête du Nouveau Monde.
On pense qu'en Allemagne le mot "dog" viendrait du vieil allemand "dock" qui apparaît vers 1050. Dans le cloître de la cathédrale de Zürich, des illustrations du 12ème siècle montrent ces différents types de chiens. D'autres auteurs proposent que le mot dogue soit emprunté à l'anglais "dog", au 14ème, c'était une insulte "French dog" (chien de Français). Furetière, en 1690, dira : "le dogue est l'Alan des Anciens".

En fait, avant que la cynophilie officielle ne prenne en charge de manière scientifique la sélection des races, il en existait autant que de régions avec des appellations liées au lieu ou à l'emploi tenu par ces chiens. On y trouve le Bullenbeisser (mordeur de taureaux) qui allait être à l'origine des molosses allemands comme le boxer, le "Bärenbeisser" (mordeur d'ours) utilisé pour la chasse en forêt et en montagne, le "Saupacker" ou "Hatzrude Saufauger" (tueur de sangliers), le "Tiggerdogge" (dogue tigré = bringé), le "Altdeutsche Dogge (dogue allemand ancien), le "Kürsshunde" que le Dr Gessner (1406) va décrire comme un chien de chasse très imposant, chasseur puissant mais également très élégant ce qui lui permet de fréquenter les cours seigneuriales. Les meilleurs d'entre eux seront élevés au rang de "Kammerhunde" (chien de cour), ils sont porteurs de collier en or et peuvent aller où bon leur semble, y compris dans les cuisines ou sur les lits. Les seconds que l'on considère comme moins bons sont des "Leibhunde" et portent des colliers d'argent, leurs déplacements sont surveillés et souvent même ils sont interdits à l'intérieur. Le nom peut être lié au lieu d'origine, on l'appelle alors dogue d'Ulm, dogue de Stuttgart, dogue du Wurtemberg, etc.

Dogue Allemand